Vernon Subutex 3

Virginie Despentes voit en nous, en l’humain. Elle en dévoile les petitesses et les grandeurs, la merde et les délices, la haine et la générosité. Un panorama d’humanités qui va du facho au bobo et du cadre au clodo, de l’homo à l’hétéro, du soumis au violent… tout le monde y passe, les petits comme les insignifiants.

Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes
Vernon Subutex 3 de Virginie Despentes

Ni psychologue, ni sociologue, mais plutôt une humanologue affûtée.

Trois tomes au service d’une fin brillante en forme d’anti 2084.

Vernon Subutex 2
Vernon Subutex 1

Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puis…

Les contes de notre enfance, si jolis, si candides et si moraux revisités par une sorte de psychiatre sadique, cynique et pervers dans un monde où la modernité se s’amuse du fantastique, où la drogue s’invite dans les palais et où la déprime surprend les princes déchus ou maudits.

Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d'enfants et puis... de Michael Cunningham
Ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et puis… de Michael Cunningham

Un livre dans les trois petits points du titre, juste après le bonheur et les enfants, là où l’ennui et le blues commencent à œuvrer dans leur travail de sape et de destruction lente.

Et si la princesse était ma voisine de pallier, celle du troisième avec des bigoudis.

Je me suis tue

Un viol non déclaré, un violeur impuni. Une vie, deux vies, trois vies qui basculent dans une vicieuse spirale qui ne se termine jamais. Des mots qui semblent justes pour une histoire révoltante. Comme une démonstration par contraposée de la parole qui libère.

Je me suis tue de Mathieu Menegaux
Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Reste l’utilisation de paroles de chansons qui – pour sembler rigolotes s’il n’y en avait eu trop – finissent par gâcher un livre magnifique.

Le dimanche des mères

C’est érotique, sensuel, aristocratique… vielle Angleterre coquine… Mais c’est un peu confus

Le dimanche des mères de Graham Swift
Le dimanche des mères de Graham Swift

En fait, c’est sympa, mais je sais pas trop où ça va… un peu… Oui, c’est sympa mais flou et emmêlé comme un nuage d’été.

Suisen

Comme une fable sur le thème un malheur n’arrive jamais seul, Goro père de famille au deux maîtresses et à la tête d’une société renommée ne voit rien venir.

Suisen de Aki Shimazaki
Suisen de Aki Shimazaki

Arrogant, hautin, dédaigneux, vide, suffisant, autoritaire, imbu de lui-même ? Non ! Goro ne voit rien de tout cela en lui. Son entourage va lui fournir un miroir bien cruel.

Qui a mangé mes enfants ?

Des méchants envahisseurs, les Ogres, débarquent sur terre et nous trouvent délicieux. Bien inspirés par nos méthodes de production industrielle de la viande, ils commencent à nous élever en batterie. Un difficile retour de manivelle pour l’espèce qui s’était crue installée à jamais au poste de dévoreur de toute la création.

Qui a mangé mes enfants ? de Christian Vellas
Qui a mangé mes enfants ? de Christian Vellas

Vous reprendrez bien un peu cuissot d’homineau de lait, il est délicieux, élevage champêtre.

Après l’incendie : suivi de Trois lamentations

Une fresque bouleversante, une histoire de vie qui emporte tout. Celle de Diana Cooke, née dans la richesse déchue de l’esclavagisme et qui devra ramener la dot qui sauvera la magnifique demeure familiale, la somptueuse Saratoga. Une vie pour payer, comme une destinée déjà tracée, comme une dette à jamais remboursée.

Après l'incendie de Robert Goolrick
Après l’incendie de Robert Goolrick

Un livre pour les âmes romanesques, pour les soirées cheminées, pour les après-midi Mojito, pour les nuits d’insomnies.
En quatrième de couv’ Après l’incendie est présenté comme un anti-Autant en emporte le vent. C’est exactement ça, le livre qu’il faut pour oublier la puante Scarlett, négrière bienveillante.

Parfois des livres nous parlent, celui-ci m’a fait crier.

Et comme un bonus, en seconde partie, Trois lamentations, une nouvelle autobiographique qui m’a fait pleurer. Un plaidoyer contre le racisme et toutes les sortes d’exclusion.

Quelqu’un à qui parler

Ça m’énerve ! C’est le genre de bouquin super formaté, un livre qui vous fait du bien. Avec un parcours de vie, des peines et des douleurs qui rendent plus fort, qui réveillent votre potentiel, avec de l’amour, de la poésie, de la tendresse, de l’enfance retrouvée, des embûches qui nous trébuchent et nous font prendre conscience du miracle de la vie… et patati et patala.

Mais là… je sais pas, j’ai trouvé ça bien fait. Même plutôt bon. Pourtant les ficelles sont énormes, comme une comédie écœurante et sirupeuse avec Hugh Grant et Julia Roberts.

Quelqu'un à qui parler de Cyril Massarotto
Quelqu’un à qui parler de Cyril Massarotto

Voilà, j’ai trouvé ça mignon et ça m’a fait pleurer. C’est chou, non ? Je dois être sensible, ces temps.

Ciao Amore

Fantasme de princesse fofolle magnifiquement belle et capricieuse. Choisir le premier homme qui lui adressera la parole. Et, comme par une chance invraisemblable, il est beau, lui aussi. Et elle est nue. Et elle écoute de la musique. Et elle chantonne. Et elle caprice. Et lui, reste fort et inaccessible, mais la carapace craquelle…

Ciao Amore de Helena Noguerra
Ciao Amore de Helena Noguerra

Et ce n’est pas toujours facile. Bouarf. Et purée, Cléophée !?! (pardon à toutes les Cléophée)

Bon… Encore un livre pas pour moi 🙁

Amor

Plus d’éros que de thriller et plus de sexe que d’amor dans cette histoire plutôt plaisante. Mais difficile d’adhérer aussi facilement à la glissade de ce couple dans une si noire parano. Passé ce manque de crédibilité, reste de bons moments de sexe à trois, de léchouilles et de baisouilles, de fantasmes et d’envies.

Amor de Dominique Forma
Amor de Dominique Forma

Finalement, tout ça manque de solidité et de robustesse, comme un livre en demi-molle.