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Mais qui est Gustave ?
Un crocodile, oui, certes !
Mais qui est vraiment Gustave ?Gustave de Marlo KarlenC’est l’histoire d’un départ à Barcelone avec Salomé… Mais Gustave ne supporterait pas le voyage… Et partir, c’est aussi quitter !
Une histoire aussi chou que surréaliste et aussi tendre que le sourire de Gustave Une toute petite lecture d’une grande poésie
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Depuis le hublot, les moutons sur l'eau dessinent des nuages.
Un ciel qu'on regarde la tête en bas.
Salomé a oublié sa main sur la mienne, sa tête sur mon épaule. Ses cheveux sentent le shampoing qu'on a laissé à la douane.
Ma bouche se contracte sur mes dents, je crois que c'est de la joie.
Si un jour je l'oublie, au moins ce sera écrit.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Gustave raconte l’histoire d’un départ. Avec son amoureuse Salomé, le narrateur prend la grande décision de quitter Genève pour Barcelone. L’occasion pour le narrateur de se séparer de son crocodile de compagnie, Gustave, qui le suit depuis l’adolescence. C’est un crocodile peureux, maladroit, qui ne supporte pas le monde dans le tram et le changement de température dans les magasins. Ensemble, ils aiment quand le soleil ramollit au-dessus du Rhône, quand le temps coule sans qu’on cherche à l’occuper, quand ils ne font rien d’autre que rêvasser.
Il faut s’accrocher un peu pour cette lecture. Non pas que le livre tombe des mains, mais il me semble impossible de ne pas sortir bouleversé par cette histoire de naissance sous X et d’adoption.T’es pas ma mère de Prune BergePourtant, si ce tout petit roman épistolaire pêche probablement, c’est par la violence de son implacable piège émotionnel.
Dès les premières pages, impossible de ne pas se laisser emporter par une déferlante mélo qui ne s’apaisera pas avant d’avoir refermé la couverture.
Parfait, brillant, impressionnant… Mais too much
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Ma fille,
Sans doute n'ai-je pas le droit de t'appeler ainsi. Mais tu existes, je viens de l'apprendre, tu as vingt ans. Je ne sais pas encore si j'écris cette lettre pour toi, pour moi, ou comme pour tisser des fils entre deux océans.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Adoptée à la naissance. Stéphanie a vingt ans quand elle reçoit une lettre de sa mère, qui a accouché sous X.
En lisant le récit des circonstances de sa conception et de sa naissance, la jeune femme, qui se croyait en rupture de lignage, découvre qu'elle doit compter à présent avec une autre mère et qu'il lui faudra concilier deux familles, avec leurs territoires génétiques et leurs pays dans la peau. Mais deux mères, cela demande « deux mers » à traverser, afin de pouvoir soi même mettre au monde un enfant sur une rive qui porte un nom.
Dans ce texte épistolaire sur le thème de l'adoption, la simplicité de l'écriture nourrit une émotion dont la force ne prétend qu'à celle du témoignage.
Lire du Jaenada, c’est accepter de se faire balader par un drôle de conteur (vraiment très drôle), mais qui a quand même le gros défaut de ne savoir faire court. Et, me semble-t-il, ne cesse, publication après publications, de se singer et de grossir (ça se paye sous la douche des hôtels miteux) ses propres excès. Génial biographe, éplucheur de fonds d’archives et baroudeur des lieux de crimes, il préfère par dessus tout raconter par le menu (oui, il mange pas mal !) toutes ses pérégrinations, en oubliant jusqu’au pourquoi de sa démarche (j’exagère, certes, car ce conteur merveilleux n’a de pareil pour retomber sur ses pattes).L’inconnue du quai de Javel de Philippe JaenadaEt ici, de plus, il s’adjoint le commissaire Maigret comme grand sage et consultant pour son enquête. Note personnelle : j’avais lu tous les Maigret il y a trois ou quatre ans, c’était bien sympa de le retrouver ici !
L’inconnue du quai de Javel s’appelle Louise Cansot, son meurtrier ne fut jamais inquiété, Philippe s’empare du cold case et part à la chasse de l’assassin
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Une blanquette. Voilà ce qui me ferait plaisir à midi, aujourd'hui, 7 septembre (d'habitude, je ne déjeune pas en plus il fait chaud, trop chaud pour septembre et trop chaud pour une blanquette - mais j'ai faim, je me suis levé tôt), près du pont Mirabeau, une bonne blanquette de veau, avec du riz, de la sauce, des oignons, des carottes.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c’est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d’un roman de Simenon, mais l’inspecteur-chef Ferrière n’a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l’affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne.
Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l’enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux – remonte le temps.
Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s’inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire.
Voilà un journal bien plus intéressant par son contenu (presque un docu-fiction sans avoir peur des anachronismes…) et ce qu’il raconte de la bourgeoisie du 19e au travers du regard d’une femme de ménage, que par son rythme, ses longueurs ou ses promesses vaguement émoustillantes.Le journal d’une femme de chambre de Octave MirbeauCondition de la femme, exploitation, hypocrisie, mépris de classe, droit de cuissage, religion de façade, complaisance du clergé et des autorités… Tout y est décrit et semble sinon plausible, tellement vraisemblable !
Un excellent ouvrage pour qui veut soulever un peu le tapis et découvrir toutes les saletés que l’argent et le statut social peuvent permettre, le tout raconté avec beaucoup d’humour et d’autodérision… et bien des longueurs
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Aujourd'hui, 14 septembre, à trois heures de l'après-midi, par un temps doux, gris et pluvieux, je suis entrée dans ma nouvelle place. C'est la douzième en deux ans. Bien entendu, je ne parle pas des places que j'ai faites durant les années précédentes. Il me serait impossible de les compter. Ah ! je puis me vanter que j'en ai vu des intérieurs et des visages, et de sales âmes... Et ça n'est pas fini... A la façon, vraiment extraordinaire, vertigineuse, dont j'ai roulé, ici et là, successivement, de maisons en bureaux et de bureaux en maisons, du Bois de Boulogne à la Bastille, de l'Observatoire à Montmartre, des Ternes aux Gobelins, partout, sans pouvoir jamais me fixer nulle part, faut-il que les maîtres soient difficiles à servir maintenant !... C'est à ne pas croire.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) La bourgeoisie vue par le petit trou de la serrure et l'œil de ses domestiques, qui ne valent pas mieux qu'elle. Si les maîtres sont des pantins, Célestine, la femme de chambre, est une catin, d'ailleurs assez gentille, et Joseph, le jardinier cocher, une fripouille antisémite. Ajoutez à cela quelques épices 1900, les étreintes passionnées de Célestine avec un jeune tuberculeux, un viol, un vieillard fétichiste (la fameuse scène des bottines si bien enlevée dans le film de Bunuel), et vous avez le chef-d'œuvre de notre terrible Octave, « un personnage extraordinaire, disait Léautaud, d'une fougue, d'une hardiesse, d'un anarchisme littéraire et artistique unique à cette époque. »
Ça commence comme de la chick-lit, léger, parfois un poil acide, mais souvent très drôle. Une femme avec un petit souci d’alcool, qui perd son boulot dans la com suite à un accouchement difficile mais qui a quand même un mari sympa… Tous les ingrédients sont là. Des filles comme il faut de Nadia DaamPuis, insidieusement, le ton change même s’il reste léger, et le sujet gagne en profondeur.
…et les petits soucis deviennent des vrais problèmes. Des filles comme il faut qui n’ont pas dit leur dernier mot, pleines de force, d’humour et d’intelligence
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) C'est quoi une « femme disparue » au juste ? Quand sait-on qu'elle a disparu ? À partir
de combien d'heures ? De jours ? Quel âge a-t-elle pour être considérée comme telle et par qui ? Par la police ? Par BFM ? Par Twitter ? Une femme disparue. Pas une enfant de sept ans en pyjama feutré par les lessives à quatre-vingt-dix degrés probablement kidnappée par un père divorcé, amer, propriétaire d'une Fiat Punto et qu'on espère discerner sur les images de vidéosurveillance d'une station-service d'Alicante.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Blanche a trente ans, un enfant, un amoureux sans intérêt et une capacité inouïe à échouer.
Licenciée après un accouchement traumatique, elle est bien déterminée à pleurer sur sa bière et sur sa médiocrité, quand elle croise une ancienne connaissance, star des médias au féminisme affirmé et photogénique. À sa grande surprise, celle-ci la prend sous son aile et lui confie un projet de podcast sur les disparitions volontaires. Un défi providentiel pour cette jeune femme velléitaire, accro à l'alcool et au regard masculin.
Blanche part mener l'enquête dans sa ville natale, sur les traces d'une professeure de lycée évaporée du jour au lendemain. Saisira-t-elle sa chance ? Trouvera-t-elle enfin sa place du côté des puissantes ? Pas sûr. Mais elle aura fait une découverte encore plus exaltante : les filles comme il faut, il ne faut pas trop les chercher.
Dans ce témoignage, dalie Farah nous parle de son autisme, de ses stratégies d’adaptations pour vivre en société et, à 50 ans, de l’épuisement de ses ressources et d’un burn-out autistique. La sentinelle qu’on ne relève jamais de dalie FarahUn livre très touchant, une porte d’entrée pour qui ne connait pas les troubles autistiques et souhaiterait comprendre un peu mieux leurs impacts, le manque d’adaptations de la société et du monde professionnel, de formation du personnel de santé…
Mais aussi un livre intime qui parle de violence et de racisme… mais d’amour aussi
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Je sens. Tout.
Je suis une sensation et je disparais.
Les contours de mon corps sont floutés, je n'existe pas. Je n'ai jamais autant eu mal d'exister, autant de mal à ressentir. Tout. Bruit, odeur, contact. Une foule dans un couloir est un étranglement, le rayonnement d'un néon, des aiguilles pénétrantes, une sonnerie imprévue, unedouleurunsursaut.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) À 50 ans, dalie Farah se découvre porteuse d’autisme. Elle subit l’environnement social et sensoriel, supporte une crise douloureuse après l’autre. La sentinelle qu’on ne relève jamais, c’est elle. Que lui arrive-t-il ?
Très vite, l’enquête intime devient collective. dalie Farah raconte les familles désemparées, les autistes célèbre, les nombreuses femmes diagnostiquées tardivement. Depuis cette différence invisible, sa condition singulière, elle nous interroge : ne sommes-nous pas tous semblables, à percevoir et penser le monde par nos sens et nos corps ? Être soi, n’est-ce pas obéir à ce que l’on est ?
L’intensité vibrante de ses mots nous fait éprouver physiquement son ressenti ; son récit dessine un chemin bouleversant où la joie d’écrire éclate à chaque page.
Ziya, jeune Tcherkesse à Istambul doit venger la mort de son frère en tuant son assassin. Mieux vaut mourir que perdre son honneur.Les dés de Ahmet Altan, traduction de Julien Lapeyre de CabanesAvec les dés, Ahmet Altan observe la construction d’un jeune homme qui place son honneur au dessus de toutes autres valeurs. Son statut d’homme est en jeu.
Un garçon touchant emporté par des règles qui le dépassent et desquelles il ne lui sera pas possible de sortir.
Une histoire émouvante alors qu’elle déborde violence
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) La formation d'une âme comme celle de Ziya, né au monde avec sa part de ténèbres, nécessitait une personnalité qui sorte de l'ordinaire, une admiration dont la violence et le sang traçaient les contours, et des coups durs.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Ziya n'a que seize ans lorsqu'il est introduit en secret dans un recoin du tribunal où doit être entendu l'assassin de son frère aîné. Tireur d'exception, ce jeune Tcherkesse abat son ennemi d'une seule balle en pleine audience et gagne par ce geste l'admiration de tous.
Après une année d'incarcération dans une prison ou il découvre le jeu de dés, on l'envoie dans la campagne par-delà les frontières, non loin d'Alexandrie. Là, il rencontre une jeune fille, apprécie sa compagnie sans pour autant comprendre le sentiment qui soudain le trouble d'une étrange manière. De retour en Turquie, il n'oubliera jamais Nora.
Très présent dans les nuits d'Istanbul, il joue beaucoup, aime peu mais celles qui l'approchent sont frappées par son regard inquiétant.
Alors qu'une action d'éclat lui est proposée - il s'agit cette fois de tuer en pleine rue le grand vizir -, Ziya prend les rênes de l'opération. La lumière, toujours la lumière...
Après son inoubliable Madame Hayat, Ahmet Altan explore dans ce roman le caractère ambigu d'un homme qui tout enfant apprend à refouler ses émotions. Pragmatique, avide de justice, réactionnaire, ce personnage insondable incarne l'engagement absolu de ceux qui sont prêts à tout pour défendre les leurs.
Svastika, comme la croix qui tourne (et qui n’a strictement rien à voir avec sa récupération nazie, le livre ayant été écrit entre 1929 et 1930 au Japon), raconte une histoire qui s’emmêle et tourne en rond, de plus en plus vite et dans une ronde manipulatrice infernale.Svastika de Junichirô Tanizaki, traduction de René de Ceccatty et Ryôji NakamuraC’est la confession d’une romance sensuelle entre deux femmes, qui tourne au sordide.
Mais si cette passion dans le Japon du début du 20e électrise la première partie, les multiples retournements de situations ont fini par m’agacer quelque peu
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Monsieur, j'avais l'intention aujourd'hui de vous mettre au courant de tout, mais est-ce que je ne vous dérange pas dans votre travail ? Si j'entrais dans les moindres détails, cela risquerait d'être assez long et si j'écrivais avec un peu plus de facilité, j'aurais tout noté dès le début à propos de ce qui nous occupe et je l'aurais même présenté sous forme romanesque, en le soumettant à votre jugement...
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) A l'image du svastika - une croix qui tourne - les quatre protagonistes de cette histoire tirent tour à tour les ficelles d'une véritable machination amoureuse et diabolique. Sonoko est follement éprise de Mitsuko, jeune bourgeoise ravissante, et entraîne dans cette passion son mari, Mister Husband, et Watanuki, pâle prétendant de Mitsuko. Sonoko rapporte ici tous les détails du complot à un grand écrivain, dans un immense monologue qui constitue le roman lui-même.
Dans la première partie écrite à postériori, Raymond Queneau s’amuse à donner vie à Sally Mara en lui créant un journal intime. Ici, pas de morts, mais le même esprit coquin s’amusant d’une jeune fille d’une grande candeur entourée de vieux lubriques.Journal intime de Sally MaraPuis c’est au tour de Gertie Girdle de passer à la moulinette dans cette histoire de bureau de poste assiégé par des révolutionnaires irlandais rapidement dépassés par les événements. Une histoire qui tient toute seule, très drôle et coquine. Un petit chef d’œuvre parodique.
On est toujours trop bon avec les femmes : Un roman irlandais de Sally Mara de Raymond QueneauFinalement, suivent quelques pages inutiles et pas très drôles de calambours et jeux de mots inaboutis. Zut, la fête était belle
Sally plus intime
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) Journal intime
13 janvier
Il est parti.
Le bateau s'en va, soufflant sa fumée monotone sur l'écran du ciel. II siffle. Il suffoque. Il va. Et il emporte Monsieur Presle, mon professeur de langue française.
On est toujours trop bon avec les femmes : un roman irlandais de Sally Mara
- Dieu sauve le Roi ! s'écria l'huissier qui avait été valet de lord dans le Sussex pendant trente-six ans, puis son maître disparut dans le naufrage du Titanic sans laisser d'héritier, ni de sterling, pour entretenir le « kasseul », comme on dit de l'autre côté du canal Saint-George.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) On est toujours trop bon avec les femmes paraissait en 1947 sous la signature de Sally Mara. Ce récit burlesque et un peu salace d'une insurrection irlandaise fut suivi d'un second ouvrage, en 1950, le Journal intime de Sally Mara. Mais les mystifications littéraires n'ayant qu'un temps, on publia, en 1962, les Œuvres complètes de Sally Mara sous la signature de Raymond Queneau.
American spirit c’est les États-Unis sous Trump I. Un pays s’effaçant sous un vernis MAGA qui cache à peine une absence sidérale de sens commun et où la violence reste le dernier argument (si ce n’est le premier).American spirits de Russell Banks, traduction de Pierre FurlanDrames noirs dans une petite ville dans l’état de New-York, proche de la frontière du Canada.
Trois histoires aux constructions remarquables et aux dénouements sordides, d’une tristesse consternante
Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente) D'après ce que l'on m'a dit, tout a commencé un samedi matin où Doug essayait de faire la grasse matinée pour résorber l'excès d'alcool auquel il avait une fois de plus cédé le vendredi soir au Spread Eagle. Pendant ce temps-là, au sous-sol, Debbie veillait à ce que les gosses ne fassent pas de bruit. Debbie et les gamins décoraient les boîtes « merci-pour-votre-engagement » qui allaient être envoyées aux réservistes de Fort Pierce stationnés en Afghanistan.
4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc) Des électeurs de Trump et des armes, des situations qui dérapent, échappent aux protagonistes et font la une du journal local, trois histoires de famille et de voisins, une montée en puissance exceptionnelle à mesure que la tension grimpe : voilà les ingrédients de cet opus final, qui frappe par la finesse des profils dessinés et l’art de la nuance.
Palpitant, haletant et d’une remarquable maîtrise, « American Spirits » explore les hostilités souterraines qui minent les communautés rurales américaines, ainsi que les dérives de la politique nationale. En nous entraînant dans le Nord de l’État de New York, au cœur du bourg de Sam Dent, Russell Banks signe une œuvre magistrale, qui s’inscrit avec éclat au panthéon de la grande littérature américaine.