Vivre près des tilleuls

Très réussi, ce livre écrit en collectif est étonnement d’un style très homogène, fluide et cohérent.

Vivre près des tilleuls de L'Ajar
Vivre près des tilleuls de L’Ajar

Pourtant, et probablement à cause d’un découpage en courts chapitres, l’écriture reste en surface, peinant à descendre dans les tréfonds de la douleur de la mère endeuillée.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Vincent König est le dépositaire des archives de l'écrivaine suisse Esther Montandon. En ouvrant par hasard une chemise classée « factures », il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un « journal de deuil », dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l'aberrante « vie d'après ». Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s'y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.

Roman sur l'impossible deuil d'une mère, porté par une écriture d'une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d'amour à la littérature : ce récit d'Esther Montandon est en réalité l'oeuvre d'un collectif littéraire suisse, l'AJAR. Ces dix-huit jeunes auteur-e-s savent que la fiction n'est pas le contraire du réel et que si « je est un autre », « je » peut aussi bien être quinze, seize, dix-huit personnes.

L'AJAR - Association de jeunes auteur-e-s romandes et romands - est un collectif créé en janvier 2012. Ses membres partagent un même désir : celui d'explorer les potentialités de la création littéraire en groupe. Les activités de l'AJAR se situent sur la scène, le papier ou l'écran. Vivre près des tilleuls est son premier roman

Ric-Rac

Un ado de campagne vivant dans un bled de vieux en compagnie de son père, un veuf inconsolable marionnettiste (celui qui fabrique, pas celui qui anime), raconte sa vie, sa famille et l’arrivée d’une maison SM dans le voisinage. Ça part dans tous les sens, c’est hilarant, juste et touchant.

Ric-Rac de Arnaud Le Guilcher
Ric-Rac de Arnaud Le Guilcher

Et en plus, la découverte de l’amour en la personne de Bessie, la fille des voisins. Mais bon, pas l’amour tendre et romantique évanescent qui emporte, plutôt celui qui fait mal comme un coup de pied dans le ventre et qui plie en deux.

Trop chou !

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
S'appeler Jeanyf et courir. Courir après ses quatorze ans. Courir après son avenir. Courir après le fantôme d'Yvette, sa mère. Courir après Pierryf, son père, un doux dingue qui ne se remet pas de la mort de sa femme. Courir après les tisanes de Jackyf, son oncle herboriste et rebouteux. Courir après les visions de Soubirou, son cousin illuminé. Courir après les nouveaux voisins du gîte rural sadomaso. Cours, Jeanyf ! Cours !

Les brumes de l’apparence

Difficile de mettre 4 étoiles à un livre dont le sujet exaspère, mais pour lequel il faut bien reconnaître certaines qualités. Ces histoires de sorcières, de dons, de guérisseuses et de maisons possédées par les esprits gentils et méchants me gavent absolument. Mais reste que c’est un bien bon livre sur le sujet.

Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt
Les brumes de l’apparence de Frédérique Deghelt

Allez, zou ! C’est pas pour moi, mais c’est pas mal.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Quand un notaire de province lui annonce qu'elle hérite d'une masure au milieu de nulle part dans l'isolement d'une forêt, décidée dans l'instant à s'en débarrasser, Gabrielle (parisienne, quarante ans) s'élance sur les routes de France pour rejoindre l'inattendu lieu-dit, signer sans état d'âme actes de propriété et autres mandats de mise en vente, agir avec rigueur et efficacité.

Un paysage, un enchevêtrement d'arbres et de ronces à l'abandon, où se trouve blottie depuis des décennies une maison dont une seule pièce demeure à l'abri du ciel, dix hectares alentour, traversés par le bruissement d'une rivière et d'une nature dévorante. Tel est le territoire que découvre Gabrielle, insensible à la beauté étrange, voire menaçante, des lieux, après des heures de route.

Contrainte de passer la nuit sur place, isolée, sans réseau téléphonique, Gabrielle s'endort sans avoir peur. Mais son sommeil est peuplé de rêves, d'odeurs de fleurs blanches et de présences.

Dans les jours qui suivent, toutes sortes de circonstances vont l'obliger à admettre ce qu'elle refuse de croire : certains lieux, certaines personnes peuvent entretenir avec l'au-delà une relation particulière. Gabrielle en fait désormais partie : elle se découvre médium.

De livre en livre, Frédérique Deghelt interroge notre désir d'une autre vie, explore les énigmes de notre perception, dévoile ce qui en nous soudain libère le passage entre la rationalité et l'autre rive.

Un roman jubilatoire, profond et inquiétant

Éloge de la passion

Une passion, foudroyante, qui emporte tout, qui balaie tout, et qui relègue ce qui resterait à d’insignifiantes futilités. Une femme dans la tempête, un mariage qui explose, un amant insaisissable et la douleur qui broie la raison.

Éloge de la passion de Carlotta Clerici
Éloge de la passion de Carlotta Clerici

La passion qui embrase les vies et qui ne laisse que des cendres.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
J'ai quitté mon mari parce que j'ai croisé un homme, un matin, sur la rive d'un lac. Il m'a tendu la main pour m'aider à descendre du bateau sur le ponton et j'ai su que ma vie ne serait plus la même. On s'est regardés et j'ai été à lui, entièrement, complètement à lui, corps et âme à lui, à jamais à lui. À n'importe quel prix et au risque de me perdre. Contre tout et contre tous. Je n'étais plus qu'à lui.

Matilde, une musicienne italienne, vit à Paris depuis plusieurs années avec son mari et sa petite fille. Derrière les apparences d'une vie épanouie, Matilde s'enlise dans une routine où elle n'arrive plus à trouver ni plaisir ni élan. Un concert à Milan, la rencontre de Francesco, et son existence bascule...

Sans réfléchir, elle se livre à une passion qui pulvérise tout ce qu'elle a construit, retrouvant dans cette tornade son énergie vitale et sa liberté

Le mal noir

Une difficile renaissance, une quête ou un vagabondage ? Veuf, Evguéni Petrovitch erre tristement dans ce tout petit livre à la détresse nostalgique.

Le mal noir de Nina Berberova
Le mal noir de Nina Berberova

Comme un instant de mélancolie de Paris à Chicago.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Le Mal noir raconte l'exil vers les Etats-Unis d'un émigré russe dont la compagne est morte pendant un bombardement en France, alors qu'ils faisaient tendrement l'amour. C'est le sixième récit de Nina Berberova à paraître en français, et c'est, de son propre aveu, le plus important. Jamais elle n'avait, comme ici, poussé l'ellipse et la métaphore à ce point d'excellence où le moindre détail illumine l'obscure absurdité du destin.
Le héros incarne cette fois à lui seul la détresse profonde des humanistes slaves qui ont erré longtemps, dépouillés de leur territoire, de leurs affections, de leurs lecteurs et de leur langue

Les passants de Lisbonne

Deux solitudes en deuil se croisent à Lisbonne. Elle, a perdu son mari dans un tremblement de terre à San Fransisco et lui, son ami l’a quitté d’une lettre aux excuses maladroites.

Les passants de Lisbonne de Philippe Besson
Les passants de Lisbonne de Philippe Besson

Une conversation se noue. Un dialogue doux et mélancolique sur la résilience et le partage des douleurs.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
«On ne renonce jamais vraiment, on a besoin de croire que tout n'est pas perdu, on se rattache à un fil, même le plus ténu, même le plus fragile. On se répète que l'autre va finir par revenir. On l'attend. On se déteste d'attendre mais c'est moins pénible que l'abandon, que la résignation totale. Voilà : on attend quelqu'un qui ne reviendra probablement pas.»

Hélène a vu en direct à la télévision les images d'un tremblement de terre dévastateur dans une ville lointaine ; son mari séjournait là-bas, à ce moment précis.

Mathieu, quant à lui, a trouvé un jour dans un appartement vide une lettre de rupture.

Ces deux-là, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer par hasard à Lisbonne. Et se parler.

Une seule question les taraude : comment affronter la disparition de l'être aimé ? Et le manque ?

Au fil de leurs déambulations dans cette ville mélancolique, dont la fameuse saudade imprègne chacune des ruelles tortueuses, ne cherchent-ils pas à panser leurs blessures et à s'intéresser, de nouveau, aux vivants ?

Danser au bord de l’abîme

Une vie plan-plan, le sentiment du vide et un envol possible. Tout laisser et vivre !

Danser au bord de l'abîme de Grégoire Delacourt
Danser au bord de l’abîme de Grégoire Delacourt

La chèvre de Monsieur Seguin le sent bien, elle doit partir, là-bas dans le noir. Rien ne pourrait la retenir.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d'un homme dans une brasserie.

Aussitôt, elle sait.

Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences

Comment tu parles de ton père

C’est brouillon, tout se mélange et ça part dans tous les sens. C’est plein de colères et d’émotions. C’est vivant et ça raconte le deuil.

C'est à ce moment-là très précisément, lorsque l'âme quitte le corps, que les croyants essaient de récupérer les membres de la famille qui sont restés sur terre.
Dieu m'est témoin, je fais de mon mieux. Je veux dire, je prie. Mais il y a un stade où l'on est irrécupérable. Italien, voilà. Je suis un Israélite né trop près de Turin pour prendre certaines choses au sérieux.
Comment tu parles de ton père de Joann Sfar

Avec des perles d’amour dans la confusion.

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je n'y vois plus rien. Ni de près ni quand j'allonge le bras. Ça va m'aider pour justifier que les enfants n'ont pas fait leurs devoirs de vacances. Ça m'a pris en arrivant en Crète. Je me suis relâché. Un mois après son départ, j'arrive chez les polythéistes et mes yeux ne suivent plus.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933.
C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness.
C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans.
Mon père, c'est pas rien. »

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir un père comme André Sfar.

Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes

Vous n’aurez pas ma haine

Un témoignage chaud, tendre. L’amour d’un mari qui perd sa femme au Bataclan le 13 novembre. L’amour d’un père qui reste seul avec son fils.

Vous n'aurez pas ma haine de Antoine Leiris
Vous n’aurez pas ma haine de Antoine Leiris

Douze jours.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n'a qu'une arme : sa plume. À l'image de la lueur d'espoir et de douceur que fut sa lettre «Vous n'aurez pas ma haine», publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer.

C'est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu'il nous offre. Un témoignage bouleversant

Mauvaise fille

Les relations mères-filles au moment ou la mère s’en va et la femme va devenir mère.

Mauvaise fille de Justine Lévy
Mauvaise fille de Justine Lévy

Le second roman que je lis de Justine Lévy (après La gaieté) et pourtant la sensation de le relire à l’identique avec les mêmes peurs, culpabilités et dysfonctionnements.

4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
« Maman est morte, je suis maman, voilà, c'est simple, c'est aussi simple que ça, c'est notre histoire à toutes les trois. Tu en mets du temps à raconter les histoires, je me disais quand elle me racontait une histoire dans mon lit. Là c'est allé vite, si vite, le regard de maman dans le regard de ma fille, c'est là qu'elle est, c'est là que je la retrouve, et dans ses gestes aussi, dans les gestes impatients, un peu brusques, de ma petite fille doublement aimée. Maman vit en Angèle qui court sur une pelouse interdite. Maman me parle et me sourit quand Angèle lance son regard de défi aux adultes qui la rattrapent et la grondent. Maman est là quand Angèle tombe et se relève aussitôt, les dents serrées, pour ne pas pleurer. Elle est dans le cri qu'elle ne pousse pas, dans sa petite grimace d'enfant crâne qui ne compose pas. Partout, dans mon enfant, ma mère a laissé son empreinte. »