Debout, tête haute ! : manifeste pour répondre au racisme

Rien de nouveau… hélas. Et probablement pire d’ailleurs. Les complexes s’en vont et le racisme s’affiche.

« Issus de la diversité »
On a voulu à un certain moment nommer les minorités visibles, expression elle-même à discuter : « personnes issues de la diversité ». Pourtant, ce terme, conséquence sans aucun doute d'une réflexion sincère, finit avec le temps par ne concerner que les Noirs, les Arabes et les Asiatiques.
Personne ne penserait à assigner à cette catégorie un Français d'origine allemande ou polonaise. Plus curieux encore, remarquez avec moi que le journaliste Éric Zemmour n'est pas considéré comme un journaliste issu de la diversité tandis que Rachid Arhab, lui, l'est. Pourtant, les deux hommes sont issus de parents algériens et sont aussi basanés l'un que l'autre. La différence est que l'un est juif et l'autre musulman. L'islam serait-il donc moins christiano-compatible que la judéité ? Ce n'est pas ce que nous montre l'histoire, ni même l'actualité : qui n'aime pas les juifs n'aime, ni les Arabes, ni les Noirs car il n'aime pas l'altérité.
Debout, tête haute ! : manifeste pour répondre au racisme de Fatma Bouvet de la Maisonneuve
Psychiatre, Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit des patients et patientes racisé-e-s (elle n’aime pas trop ce terme, d’ailleurs. Mais faute de mieux). Et quelle meilleure place pour un état des lieux des souffrances qu’un cabinet de psy ? Sa profession l’invite à prendre la parole.Nous devons tous nous unir pour déconstruire les amalgames véhiculés par différents supports, nous devons tous répondre aux attaques quotidiennes contre les mêmes cibles, nous devons tous nous protéger les uns les autres, nous n'avons pas d'autre choix que de vivre ensemble et de prendre soin de tous. Je ne pensais pas avoir à conclure avec cette citation de par sa provenance de l'autre côté de l'Atlantique, et de par son époque déjà ancienne, mais je la trouve beaucoup trop appropriée à notre sujet pour ne pas conclure sur la célèbre phrase de Martin Luther King :
« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »Et même si tout cela ressemble à ce qui a déjà été dit et redit, tout est juste ! Ne pas se taire, debout, la tête haute !

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Je vis en France depuis 30 ans. De par mon métier de psychiatre et mes engagements politiques et citoyens, j'écoute, j'observe, j'accueille et j'accompagne. Aujourd'hui, je peux dire sans hésitation que l'atmosphère en France est toxique pour beaucoup, et génère une souffrance exprimée par la sensation d'un étouffement physique et de la confusion mentale.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
Depuis des années, j’alerte sur les discours haineux. Certes, ce sont ceux d’une minorité. La bêtise a été banalisée là où il aurait fallu de la réflexion. On a fait de l’étranger un bouc émissaire. La haine est plus facile à exprimer que la fraternité, la solidarité ou l’amour.

Mon métier m’oblige à la neutralité bienveillante. Avec l’expérience, je réalise cependant que, parfois, il est difficile de garder une distance émotionnelle. Je pense même que ce serait faire preuve de manque d’empathie et de courage en tant que citoyenne que de rester passive. Beaucoup d’écrits académiques ont été rédigés sur toutes les formes de discriminations, leurs mécanismes, leur histoire. Ils ont nourri ma réflexion pour ce manifeste qui se veut être un texte qui parle au cœur des gens, à cette pépite d’humanité que nous avons tous en commun pour trouver des solutions et répondre à des situations humiliantes et déshumanisantes. Pour en sortir Debout, tête haute !

Les mots qui fâchent : contre le maccarthysme intellectuel

Incessamment, de nouveaux mots se glissent dans notre langue et bien souvent ceux-ci sont détournés, repris, traduits, malaxés et retournés… Des concepts clairs deviennent obscurs et ce qui semblait lipide vire rapidement à l’incompréhensible et tout prête à la controverse. Tout le monde s’y met, politiques, médias, gauche, droite, populistes, militants et intellectuels et nul ne s’y retrouve plus.

Islam
Juliette Galonnier
L'islam occupe une place croissante dans notre vocabulaire. Des populations auparavant désignées par des catégories nationales, socio-économiques ou légales (Algériens, Maghrébins, travailleurs immigrés, étrangers) sont désormais souvent renvoyées à leur appartenance religieuse réelle ou supposée : on parle de plus en plus de « musulmans ». Cette centralité discursive de l'islam est le fruit de plusieurs évolutions. Une partie de ces populations, en particulier leurs enfants et petits-enfants nés et socialisés en France, investit de plus en plus le référent religieux comme catégorie positive d'identification.
Les mots qui fâchent : contre le maccarthysme intellectuel – Islam de Juliette Galonnier

Petit dictionnaire (la liste des termes est dans les mots clés) pour ne plus s’y perdre, cet essai tente de débroussailler cette jungle en faisant appel à nombre de chercheuses et chercheurs pour des mots qui fâchent la France (Car oui, c’est culturel ! Et cette liste ne serait évidement pas la même en Angleterre ou en Allemagne).

Néoféminisme
Martine Storti
Il y a des termes fourre-tout, ils sont bien pratiques, ils permettent de tout confondre et de se dispenser de la complexité. Néoféminisme en est un. Être en désaccord avec tel ou tel courant féministe ou qui s'autoqualifie ainsi et le critiquer est bien sûr un droit indiscutable. Ce qui l'est moins, ce sont les procédés mis en œuvre : homogénéisation, généralisation, simplification, caricature, indifférence aux nuances, aux différences, aux distinctions.
Les mots qui fâchent : contre le maccarthysme intellectuel – Néoféminisme de Martine Storti

Essentiellement centré autour des racismes et des exclusions avec quelques (trop rares) incursions dans les genres et les sexualités, voilà un excellent petit guide pour ne plus s’y perdre. Avec un petit bémol toutefois pour certains auteurs qui ne peuvent s’empêcher de faire des mots ou ceux dont les partis-pris militants écrasent le sujet.

Un petit livre qui m’a rappelé Génération offensée de Caroline Fourest, bien moins léger que Les mots immigrés, moins international que ceux qu’on trouve dans Le dico des mots extraordinaires, moins poétique que le magnifique Il nous faudrait des mots nouveaux et que Jean Roscoff aurait évidement du lire dans Le voyant d’Étampe

Avec les participations de Nicolas Bancel, Rachid Benzine, Magali Bessone, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Ahmed Boubeker, Philippe Corcuff, Claire Cosquer, Juliette Galonnier, Sophie Guérard De Latour, François Héran, Philippe Huneman, Monique Jeudy-Baluni, Memphis Krickeberg, Nicolas Lebourg, Éléonore Lépinard, Françoise Lorcerie, Philippe Marlière, Nonna Mayer, Sarah Mazouz, Laure Murat, Alain Policar, Myriam Revault D’Allonnes, Jacob Rogozinski, Haoues Seniguer, Patrick Simon, Martine Storti, Julien Talpin, Michel Wieviorka, Valentine Zuber

Incipit (et peut-être un petit peu plus si entente)
Il est temps de mettre un coup d'arrêt à la dégradation des échanges intellectuels et aux controverses toxiques pour la démocratie qui touchent désormais l'université et le monde de la recherche en France.


4e de couv, résumé de l'éditeur ou trouvé ailleurs (pas de moi, donc)
D'antisémitisme à wokisme en passant par identité et laïcité, une liste de mots sujets à controverse selon certains camps politiques dans les milieux intellectuel et universitaire français. Les contributeurs dénoncent le climat délétère qui règnerait dans le monde de la recherche où, selon eux, diatribes et invectives ont remplacé débats et échanges au nom de ce qu'ils nomment bien-pensance